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Ouverture d'une enquête et appels au calme à Villiers-le-Bel
Reuters 26.11.07 | 13h57

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PARIS (Reuters) - Une enquête a été ouverte pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger après la mort de deux adolescents à l'origine d'une flambée de violence urbaine dimanche à Villiers-le-Bel, au nord de Paris.

Les investigations ont été confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) et à la sûreté départementale, a précise lundi le procureur de la République de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry, dans un communiqué.

Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) et quatre communes voisines ont été le théâtre de heurts violents et, selon le parquet, "d'actes d'émeute" à la suite de la mort de deux adolescents à moto qui ont heurté une voiture de police.

Les enquêteurs devront notamment déterminer si policiers et pompiers ont porté secours aux victimes de l'accident.

Des jeunes de la commune ont affirmé devant les caméras de télévision que les policiers impliqués dans l'accident avaient rapidement quitté les lieux.

"Les véhicules ont été saisis et vont faire l'objet d'une expertise technique. Les autopsies des victimes auront lieu dans la journée", précise Marie-Thérèse de Givry.

Le maire socialiste de la commune, Didier Vaillant, a réclamé une enquête "impartiale" et lancé un appel au calme au lendemain des incidents, qui ont duré près de six heures.

"NOUS SOMMES EN DEUIL"

"J'appelle l'ensemble des habitants et notamment les jeunes à ce que nous puissions retrouver le calme dans notre ville. Depuis hier, nous sommes en deuil, cette nuit, la ville a souffert", a-t-il déclaré sur France Info.

"Nous devons tous faire en sorte que cela ne se reproduise pas. J'appelle les hommes et les femmes de Villiers-le-Bel, de bonne volonté, à m'aider dans cette tâche", a-t-il ajouté.

Un commissaire de police a été sérieusement blessé, ainsi que 24 policiers - dont deux gravement - et un pompier, lors des affrontements.

Une antenne de police de la ville et quatre bâtiments privés ont été incendiés, ainsi que 28 voitures, selon un bilan de la préfecture du Val-d'Oise.

Neuf personnes ont été interpellées par les forces de l'ordre.

A l'automne 2005, la mort par électrocution dans un transformateur d'EDF de deux adolescents poursuivis par la police à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, avait provoqué trois semaines de violences urbaines sans précédent en France.

A Villiers-le-Bel, "ce n'était pas une course-poursuite mais vraisemblablement un accident de la circulation", soulignait dimanche soir la Direction centrale de la sécurité publique.

Selon la préfecture, les deux adolescents, âgés de 15 et 16 ans, circulaient sans casque sur un deux-roues de type moto cross.

Selon une source syndicale policière, ils n'ont pas respecté la priorité. Cette version est contestée par certains témoins de la scène.

Dans un communiqué, le syndicat de police Alliance a jugé inadmissible que ce drame "serve de motif à une bande de délinquants pour mettre le feu et à sang une ville et défier les lois de la République."

Le SGP-FO souligne pour sa part que "rien n'a fondamentalement changé sur le terrain" depuis 2005 même si les violences urbaines ont "quitté momentanément la une de l'actualité". Il considère que "les causes sociales de la situation dans les quartiers sensibles restent les mêmes" et que la police "ne peut, à elle seule, y répondre.